Nelson, Martin et les autres…

21 décembre 2015 par Jeep Pas de commentaires »

Mohandas Karamchand « Mahatma »Gandhi

Nelson Mandela,

Martin Luther King et d’autres

Quoi de commun entre ces noms, mis à part que vous savez certainement qui ils sont?

Ce sont quelques uns des noms figurant en bas de page comme exemples du concept de « résistance civile » dans wikipedia.

Chacun à leur façon , ils ont changé la destinée de leur pays; Chacun a eu un rôle comparable – si j’ en crois l’ analyse de théologiens modernes comme John Shelby Spong- à ceux des prophètes du premier testament.

Ca met donc la barre du concept de « résistance civile » assez haut, moralement.

Après il est sûr que, à moins que d’ ici 2017 notre ministre arrive à faire coopérer mutuelles et caisses de telle sorte que le pointage des actes en tiers payant ne nous prenne pas plus de temps que n’ en prend , de toute façon, la comptabilité quotidienne (compter le soir qui nous a réglé par chèque, qui en espèces, qui nous a demandé de tirer le chèque le 3 du mois suivant,  etc., puis regrouper les remises, rentrer tout çà dans les bonnes colonnes en comptabilité …),  on va avoir du travail de gestion supplémentaire dont tout le monde, c’ est sûr, se serait bien passé.

Qu’on soit en rogne contre l’ inconséquence de certains politiques qui lancent une idée sans, visiblement, avoir auparavant ouvert le dossier pour s’enquérir des problèmes pratiques, de la faisabilité, c ‘est normal.

Qu’on soit même contre le principe de base d’étendre le tiers-payant pour des raisons que je ne partage pas , je peux le comprendre.

Qu’on prévoie une sorte de grève de la chose si on est contre, OK, c’ est logique.

Je peux même comprendre que des responsables syndicaux, à l’ instar des politiques, soient tentés par la grandiloquence.

Mais nommer cela résistance civile? vraiment, mais vraiment….?!

Jeep

mouvements d’ action du 30 Septembre 2014

30 septembre 2014 par Jeep Pas de commentaires »

Ne partageant pas la plupart des motifs du mouvement de grève du 30 septembre, le syndicat MG-Bretagne, qui ne regroupe que des médecins généralistes et auquel nous adhérons ne s’y associera pas.

Certes il y a de nombreux motifs de mécontentement sur la façon dont la santé est administrée concernant les soins primaires, c’est-à-dire de proximité aujourd’hui comme hier.

L’accès aux soins pour tous est en danger. Les revendications des confrères qui fermeront leur cabinet ce jour-là tournent essentiellement autour de l’augmentation de la consultation et de la liberté tarifaire. Les médecins généralistes restent majoritairement attachés au respect des tarifs conventionnels (définis par l’assurance maladie), garantie d’accès aux soins pour tous.

Le paradoxe est qu’en l’absence d’un tiers payant efficace et adapté, cette médecine de terrain peut paraître chère incite certains patients à se diriger vers une structure qui le pratique, encombrant de façon injustifiée, de l’avis même des urgentistes, les services d’accueil hospitalier.

La confusion est également présente dans l’esprit de la population dans le terme utilisé de « Médecine Libérale » par opposition à la médecine hospitalière (voir à ce sujet les épisodes précédents sur ce site).

Soins primaires ou ambulatoires nous paraîtrait un terme plus adapté.

Nous réclamons donc, pour la clarté de débats, un investissement clair et durable dans ce domaine représenté par la Médecine Générale

Apostille* au mythe du libéralisme médical

27 novembre 2013 par Jeep Pas de commentaires »

La récente annonce de notre ministre madame Marisol Touraine d’une évolution vers un « tout tiers-payant » des soins médicaux, en particulier pour ceux de première ligne , a soulevé comme on pouvait s’y attendre un certain nombre de réactions dont, par exemple, le courrier des lecteurs du Quotidien du Médecin s’ est fait l’ écho.

Parmi ces réactions , certaines étaient prévisibles, aussi convenues que des refrains politiques: Le tiers payant porterait atteinte au caractère (sacré , forcément) du libéralisme médical.

Nous avons dit il y a quelque temps sur ce même blog ce qu’on pouvait en penser.

Pour d’ autres – ici aussi , discours convenu- il faudrait que le malade paye de sa poche pour que le lien psychologiquement symbolique avec son thérapeute s’ établisse.

Si on va par là le souhait de paiement direct ne va pas assez loin: On devrait même refuser les paiements par chèques et puis, tant qu’ on y est , les billets, et n’ accepter que les pièces sonnantes et trébuchantes, qu’on puisse se rejouer certaine scène du film de Gérard Ouray « la Folie des grandeurs « :  » C ‘est l’OR, monseignOR, l’OR de vous réveiller… »

Montand_folieGrandeurs

Parmi les réactions il y en a eu aussi de curieuses:

Tel ce confrère qui écrivait qu ‘il n’ avait pas fait médecine pour être comptable...

Il est vrai que faire sa comptabilité le soir n’ est pas la partie la plus épanouissante, la plus fun, glamour et tout  çà de notre noble métier.

Tellement pas intéressant que nombre de confrères la refilent à leur épouse, leur comptable, leur secrétaire (les 3 pouvant être la même personne)

bookKeeper-Rockwell

Le problème c’ est qu’ alors si on définit le « libéralisme » par le métier de celui qui tient lui-même son livre de compte (cf épisode précédent), qui assure sa gestion, çà coince ici aussi si le principal concerné prétend s’ en désintéresser.

Bien sûr, il reste des problèmes pratiques à régler: Outre la question d’ unification des flux ( AMO+AMC) les agaçants petits problèmes qu’ ont laissé des ministres précédents avec les diverses « franchises » de 0,50€ par ci et par là…

Je retourne à mon scriptorium (;-))

Pax vobiscum

frère « Jeep »

* Apostille est un mot dérivé du latin de même sens que   »post-scriptum »;  En l’ employant j’ ai pensé au romancier Umberto Eco, auteur du « Nom de la Rose »- entr’ autres- et qui avait écrit ce qu ‘on nommerait pour un film un « making of » avec l’ essai « apostille au Nom de la rose ».Comme Eco est aussi un universitaire spécialiste de sémiotique, je serai très curieux d’ avoir son avis sur ce concept décidément « valise » de « libéralisme médical ».

scriptorium_NomdelaRose

ECG , frottis : comment la Sécu organise la pagaille

10 juillet 2013 par Jeep Pas de commentaires »

Le tarif des ECG et des frottis vient d’augmenter un petit peu; en fait la valeur des lettres clé ne change pas vraiment : on garde l’ancien tarif auquel on ajoute de « nouveaux modificateurs » qui mathématiquement haussent le tarif. Compris ?

Mais le paramétrage de vos logiciels pour ajouter des modificateurs est très complexe et pour la plupart ne peut s’effectuer que par les techniciens espace pro ou de certains fournisseurs !!! Ce qui va demander du temps…et n’avez-vous que ça à faire ?

NOUS VOUS CONSEILLONS DONC POUR CES ACTES DE FAIRE POUR L’INSTANT DES FEUILLES DE SOINS PAPIER….. quel progrès !

MG FRANCE BRETAGNE VA DEMANDER AUX DIRECTEURS RÉGIONAUX DE L’ASSURANCE MALADIE D’ACCEPTER ET REMBOURSER AU NOUVEAU TARIF LES FSE QUI SERAIENT REDIGEES A L’ANCIENNE.

Comment rédiger la feuille de soins :

Pour l’ECG :
on ajoute le modificateur « 9″ qui augmente le tarif de 1.9 %,

ce qui donne: C + DEQP003 +  9 = 36,78 €

voir modèle remplissage de feuille de soins papier sur le lien :http://www.mg38.org/content/view/191/30/

Pour le FROTTIS: on fait encore plus « simple » avec ajout de 2 modificateurs !!! :

9 ET X
 cela donne 
C + ( ( JKHD001 +  9 +  X )  / 2 ) =  23 + 10.59/2 = 23 + 5.30 = 28.30 €

voir modèle de remplissage de feuille de soins papier sur le lien :http://www.mg38.org/content/view/192/30/

Attention :
ces tarifs ne sont valables que jusqu’au 28 février 2014 car le 1er mars 2014 et le 1erjanvier 2015 les tarifs vont encore changer par modification du tarif … des modificateurs !

Ces derniers temps la devise des caisses semble être :

« Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? »  !

Les mythes du libéralisme médical

7 décembre 2012 par Jeep Pas de commentaires »

Les mythes du libéralisme médical

C’était lors d’une discussion informelle avec le représentant d’un autre syndicat, à l’occasion d’une CPL[1], discussion qui commençait à être assez tendue, à propos des conflits en cours sur les tarifs et les dépassements d’ honoraires.

« Alors tu n’es pas pour la défense du libéralisme! » fut la  réflexion de mon confrère.

A quoi je fis une première réponse , très moyenne, que le libéralisme était de toute façon en situation d’acharnement thérapeutique depuis au moins les années 60, si même pas depuis les années d’après-guerre qui virent la création de la sécurité sociale chez nous, et du NHS de l’autre côté de la Manche:  à partir du moment où on était passé d’une relation binaire (le médecin et son patient) à une relation triangulaire avec l’introduction d’un financeur semi-public, la notion même de libéralisme avait un serieux coup sous la flottaison.

Après brève réflexion  je lui dis qu’en réalité j’avais beaucoup de mal à défendre ce qui, au fond, me paraissait comme un mythe.

Ma première réponse était très moyenne parce que je partais de l’idée que la relation médecin –patient s’inscrivait avant 1947, dans ce qu’il est convenu d’appeler médecine « libérale ».

Le problème, c’est que, même avant l’irruption de l’assurance maladie, le concept même que nous nommons « libéralisme médical » posait question. Et il contenait en fait pas mal de contradictions internes qui le minaient déjà très largement :

Le mot « libéralisme » recouvre habituellement au moins deux sortes de signification, en français[2]:

  • Celui, en philosophie et en théologie, de « liberté par rapport aux habitudes de pensée, au dogmes ». Donc réformiste, progressiste- ce qui est proche du sens anglais- à une époque où le conservatisme était incarné par la monarchie absolue et la hiérarchie ecclésiale ou les « traditions bien ancrées »[3]
  • Et bien sûr le sens  économique: on définit habituellement par « libéral » un système où on laisse jouer le plus librement possible ce qui est défini depuis les penseurs du XVIII-XIXe siècle (Smith) gravure du profil d' Adam Smith, in Wikipediacomme « lois du marché », l’offre et la demande dans la fixation des prix etc.

C’est de ce deuxième sens qu’on a eu, instinctivement, tendance à amalgamer avec le concept de « libéralisme médical ».

Et donc ce dernier aurait connu une époque dorée, où le médecin fixait librement ses honoraires avec le patient avant que le côté obscur de la force (du point de vue d’un thuriféraire du libéralisme économique bien sûr), l’état, la sécurité sociale ne viennent mettre un réseau d’obligations, de tarifs fixés toujours trop bas pour ce qu’est l’honorabilité de l’acte médical, pour le temps passé, pour les longues études nécessaires etc.

Le problème

c’est que, dans les années 1920-1930,  les médecins qui formaient l’embryon de ce qui allait donner la CSMF d’ une part et l’Ordre des Médecins d’autre part[4] fixèrent les caractéristiques de ce qu’on nomme le « libéralisme médical » (ces organisations, nées dans les mêmes années, animées parfois par les mêmes confrères, il n’ est pas étonnant que le même esprit ait imprégné de façon assez similaires leurs règles).

Et un certain nombre de ces règles posent en fait problème si on les lit dans l’esprit de ce qu’est censé être le libéralisme économique.

  • le paiement à l’acte: Rien dans les règles du libéralisme n’oblige à cela,: il est de la liberté du commerçant d’ offrir un forfait incluant, par exemple, la vente d ‘un véhicule et son entretien courant . En fait on pourrait soutenir qu’obliger au paiement à l’acte est une perte de liberté d’organisation .
  • le paiement direct par le patient: Ici aussi, rien n’ interdit dans les règles du libéralisme économique le tiers payant: Il n’ est que voir certaines publicités de pose de pare-brise vantant le fait qu’ avec le contrat d’ assurance, le patient n’ a rien à débourser. C ‘est simplement une organisation possible d’ un prestataire vis à vis du couple client-assurance.
  • Plus sérieux: L’ une des caractéristiques de l’économie de marché, c’est la concurrence qui entraîne en général une pression à la baisse des prix; Je dis bien à la baisse.

A partir du moment où une organisation professionnelle inscrit dans ses textes une interdiction de baisser ses tarifs dans un but de concurrence, on est typiquement dans une situation d’entente illicite (et dans les pays d’économie « libérale » il y a des lois anti-monopoles, anti-trust pour éviter cela)

Après cela, il est presque anecdotique  de parler des libertés d’ installation , dont l’ absence n’ empêche pas notaires et pharmaciens d’être considérés, eux aussi comme professions « libérales ».

Donc  ainsi qu’ on vient de voir le libéralisme médical n’ a qu’ un lointain rapport avec le libéralisme économique.

Aussi certains, (pour sauver le mot /mythe libéralisme?) suggèrent que dans le cas du médecin on fait référence surtout au « liber », le livre…… de comptes: Autrement dit serait « libéral » celui qui gère lui-même son affaire (mais alors disons-le nettement indépendamment de qui le paye et comment on le paye), opposé au salarié, qui ne s’ occupe pas de la gestion et touche sa paye (avec éventuellement des primes diverses censées l’ intéresser à mieux ou plus travailler).

Dans ce cas nos confrères anglais, rémunérés  sur la base de forfaits per capita  par le NHS sont tout aussi libéraux que nous.

Et de même nos confrères américains, dont la moitié des revenus professionnels provient aussi de contrats de capitation versés par les différents réseaux  d’ organisation des soins.[5]

C’est pour cela que, à mon très humble avis, le libéralisme médical français est , et a toujours été , un mythe. [6]

Jeep, advocatus diaboli ;-)


[1] Commission Paritaire Locale, où se retrouvent régulièrement les représentants de la caisse départementale d’ assurance maladie et ceux des syndicats médicaux

[2] En anglo-saxon, ce terme est un faux-ami, puisqu’ il réfère au libéralisme philosophique, et en pratique peut se traduire par « progressiste », ou « de gauche »,

[3] Il y a, alors même que ces religions n’ ont pas de structure hiérarchique, des courants protestants « libéraux » et un judaïsme « libéral » par opposition aux « orthodoxes » par exemple.

[4] Le premier syndicat médical français fut fondé en 1928, dans le contexte de la mise en place des premières lois sociales (Mars 1928) et l’idée d’organisation d’un ordre professionnel, sur le modèle de celui des avocats,  était « dans l’ air » avant la guerre de 39-45, pendant laquelle il fut officiellement créé, comme chacun sait, par l’ État Français du maréchal, puis dissous à la libération pour être peu après recréé par les pouvoirs issus de la Résistance…

[5] ici une sélection d’ articles:

http://www.managedcaremag.com/capitation.html

[6] voir également à ce sujet par exemple:

http://www.rees-france.com/IMG/pdf/ART-2421_Medecine_Liberale.pdf

où l’ on voit que ce mythe remonte à bien des égards à encore plus loin que les années 1920-1930

voir également les étranges effets pervers qui apparaissent dans certaines zones:

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/exercice/des-financeurs-mettent-en-cause-la-presence-excessive-de-medecins

les brins du scoubidou…

29 mai 2012 par Jeep 1 commentaire »

Vous savez, cette sorte de tressage de plusieurs fils de couleurs différentes où chaque fil dépend des autres, où on ne peut pas tirer un fil sans détresser les autres…

Ici les fils pourraient être ceux du système de soins et les principaux sont:

  • l’argent total qu’ un gouvernement est prêt à mettre dans un système de santé, d’une façon ou d’une autre, et donc à prélever sur la richesse nationale et à ne pas affecter à d’ autres postes.
  • le mode de rémunération du médecin de première ligne –MG- (à l’ acte, forfaitisé un peu , beaucoup totalement, direct, en TP etc)
  • le nombre de MG par habitant
  • la définition même du métier, des tâches du MG (et de Spé) et , corrélativement, la notion d’ équipe de première ligne (dont infirmières, sage-femmes, mais aussi pharmaciens…) et de leader d’ équipe
  • le progrès des connaissances » complexification & rôle de l’ EBM (médecine basée sur les résultats d’ études ), dont, – détail- les notions de critères intermédiaires et critères cliniques pratiques.
  • l’énorme problème des liens d’ intérêts/ industries pharmaceutique et influence de ceux -ci sur le contenu du « savoir  » du médecin, de ceux qui sont censés le former et .. des patients (et aussi des caisses, des décideurs politiques etc)
  • la « culture ambiante »dont : les « mythes médicaux » actuels: prévention, suivi, bilans etc.
  • le « coût du parapluie », alias la médecine « défensive »
  • la sélection naturelle par une profession donnée d’un profil de personnalité donné, dans un contexte sociologique d’ une époque donnée.
  • le concept de « maladie », de « diagnostic », et le phénomène de « disease mongering »

Ce sont simplement des têtes de chapitre et çà fait beaucoup de brins pour un scoubidou….

Mais notre opinion est qu’on ne peut, de la même façon, absolument pas « penser » un plan de système de santé sans avoir cette image en tête d’ un brin qu’on tire et qui fait bouger tous les autres brins en même temps.

Bon courage à madame notre nouveau ministre ;-)

Avec les respecteux hommages de Jeep

Cours d’appel de Rennes le 29 Février 2012

29 février 2012 par Jeep Pas de commentaires »

La Médecine Générale est la spécialité indispensable pour que l’accès aux soins pour tous soit préservé avec la meilleure efficience.

Par des «actions CS» à la suite du mouvement initié  par  un groupe de Médecins Généralistes de la Drôme, les Médecins Généralistes bretons ont  manifesté leur colère depuis l’année 2010 en lien avec des  Médecins Généralistes d’autres régions.


Le début des actions CS au TASS de Vannes datent de 2010, celle du docteur Éric MENER date de Mars 2010 et celle du docteur Elisabeth HINGANT du 29 Novembre 2010.
Le Docteur Éric MENER a d’abord gagné, la CPAM a fait appel. Il vient d’être débouté en début d’année 2012 à la cour d’appel de Rennes.
Le Docteur Elisabeth HINGANT a perdu au TASS de Vannes.  Maître Carole YOUNES, avocate pour MG France, vient la défendre à la cours d’appel de Rennes ce Mercredi 29 Février à 14h15. Le Docteur HINGANT ne regrette pas son choix  de  faire de la Médecine Générale. Pourtant, du fait de ses diplômes, le Docteur HINGANT aurait pu choisir d’être qualifiée   spécialiste  en  Gériatrie et coter ainsi depuis longtemps en CS.
Nous espérons encore gagner. En effet, depuis le jugement en appel du Dr MENER, le cas du Dr BARBERET à Besançon, et le jugement très récent  de GAP nous redonnent confiance. Pour la Bretagne, les actions CS se terminent avec ce passage en cours d’appel de Rennes le 29 Février 2012.

A la suite de ce mouvement de colère, les avancées existent déjà pour nous, Médecins Généralistes

1-En effet, depuis le 23 Décembre 2010, le CS est accepté au remboursement par l’UNCAM pour les spécialistes de Médecine Générale qualifiés par l’ordre des médecins.
2- La rémunération des spécialistes se met progressivement en place, Le C2 sera acquis le 22 mars pour les Généralistes qualifiés.

Non, ce combat n’était pas un coup de pub en vue d’une élection professionnelle comme le laissait entendre le directeur de la CPAM, Monsieur AZGAG. C’était bien la participation symbolique des médecins  généralistes bretons à ce grand mouvement collectif pour la médecine générale.

Ceci a permis à de nombreux usagers bretons de prendre conscience de l’attitude de la CPAM de Vannes à l’égard des Médecins Généralistes. Pour rappel quelques exemples emblématiques de l’attitude de la CPAM du Morbihan rapportés dans la presse vannetaise :

1-    la sous directrice de la CPAM et le Président de la CPAM de Vannes ont menacé les Médecins Généralistes participant aux actions CS d’être envoyés devant la commission des pénalités, cette commission crée par la loi du 13 Août 2004  (cf en PJ le Ouest France et Télégramme du 22 Mai 2010).
2- contrairement au régime RSI, les patients ont été pris en otage par  la CPAM du Morbihan qui refusait l’intégralité de leur remboursement en cas de cotation CS.
3- L’avocat de la CPAM de Vannes, choisit par son directeur,  considérait il y a encore peu de temps que cette action CS nationale était « du teasing revendicatif  » (cf télégramme du 30 Novembre 2010). N’est-ce pas de la diffamation ? Il demandait par ailleurs 3000 euros de dommage pour la caisse de Vannes.


La prise de conscience des usagers de l’importance de l’action CS pour que la Médecine Générale puisse exister, se traduit par la présence ce Mercredi 29 Février 2012 à la cour d’appel de Rennes de Monsieur Daël, Président du CISS pour la région Bretagne et Président de la commission spécialisée «droit des usagers de la conférence nationale de santé». Nous savons que Monsieur Daël est là non pas pour défendre  une revendication corporatiste, mais pour défendre la Médecine Générale et  donc l’accès aux soins.

La Médecine Générale est une  spécialité qui  gagne progressivement  sa reconnaissance en France, par  un combat long et déterminé. Il reste du chemin à parcourir.

De Janvier 2002 à Septembre 2004 la modification du code de l’éducation a permis la création de la spécialité « Médecine Générale ».

A partir de  Mars 2004 les commissions de qualification sont  crées. Le Conseil National de l’ordre des Médecins a reconnu rapidement le bien fondé de la démarche et a soutenu activement la reconnaissance de cette spécialité en mettant en place les commissions de qualification au niveau départemental.

La filière universitaire de la Médecine Générale tarde à se développer malgré l’action de  Médecins Généralistes combattifs et déterminés. Comment les jeunes peuvent-ils avoir envie de se projeter dans cette filière s’il faut toujours se battre contrairement aux autres spécialités :  Se battre pour  la création des postes de chefs de cliniques en nombre suffisants, se battre pour  la création des postes de  Maître de conférence universitaire associés, se battre pour la création  de postes  de Professeurs  associés avant de se battre pour  devenir titulaires…

La difficulté  pour obtenir la reconnaissance de la Médecine Générale est une triste particularité française. Nos différentes mobilisations finiront malgré les nombreux obstacles rencontrés, par donner à la Médecine Générale la place centrale qui doit être la sienne dans un système de santé organisé pour tous.

Docteur Eric Mener

Médecin Généraliste en zone rurale

Maitre de Stage des Universités

Chargé d’Enseignement à la Faculté de Rennes.

Docteur Elisabeth HINGANT

Médecin Généraliste en zone urbaine

Elue URPS

Elue Conseil de l’ordre des Médecins

Présidente MG 56

Maître de Stage des Universités

Et joyeux Noël quand même…

26 décembre 2011 par Jeep Pas de commentaires »

La convention entre les Médecins et l’Assurance Maladie est signée (certes, mais…)

13 septembre 2011 par Jeep Pas de commentaires »

L’Assemblée Générale de MG France a ratifié le 3 Septembre 2011 la signature de son Président.

Cependant le malaise de la profession persiste.

Nos négociateurs ont su éviter une convention où le rôle du Médecin Traitant aurait été complètement marginalisé, où le libéralisme le plus effréné se serait installé, où l’accès aux soins primaires aurait été mis en danger et où l’ASV aurait été supprimé, comme le prônaient certains  syndicats  au printemps.

La convention jette les bases d’une rémunération en rapport avec la fonction de  Médecin Traitant comme nous le demandions, mais cette rémunération est si modeste que rien ne va changer en pratique dans notre quotidien.

Un secrétariat restera souvent inaccessible à de nombreux Médecins Généralistes.

En Bretagne, nous trouvons particulièrement inadmissible que cette convention ouvre la porte à une rémunération ne se limitant plus à l’obligation de moyens mais qui sera basée sur l’obligation de résultats. L’objectif de normalisation est contraire à notre déontologie de médecins et dangereux pour la population puisqu’il aboutit, on le sait, à exclure les plus fragiles en sélectionnant les plus aptes à modifier leurs comportements.

Considérer cette nouvelle rémunération comme un début de forfait est une erreur; en réalité ce   n’est qu’une prime sur objectif. C’est un changement complet du paradigme sur lequel se base toute la jurisprudence médico-légale.

Quant aux items choisis, ils font très peu de cas de l’état des connaissances validées par les sources scientifiques indépendantes, et paraissent participer plutôt de la mythification du concept de prévention.

Par ailleurs, comment prétendre vouloir favoriser l’accès aux soins sans impliquer les mutuelles dans le Tiers-Payant coordonné pour la médecine de premier recours ? Les pouvoirs publics souhaiteraient-ils freiner la consommation des actes de médecine générale, les moins onéreux et les plus rentables, et laisser filer les plus grosses dépenses ?

Tout cela conduit MG Bretagne à faire le constat de MALTRAITANCE INSTITUTIONNELLE !

Nous comptons bien, par notre implication dans les commissions paritaires avec l’Assurance Maladie, obtenir que le suivi des critères P4P (c’est-à-dire du CAPI conventionnel) se fasse de manière sérieuse et éviter que les Médecins Généralistes ne soient lésés.

Nous savons aussi qu’il nous faut maintenir auprès des pouvoirs publics une pression des Médecins Généralistes, comme celle qui nous a permis d’obtenir le CS à 23 € et qui nous a permis d’éviter que la convention ne soit faite à notre détriment par les syndicats ultra-libéraux.

Le sort de la Médecine Générale reste incertain, les choix politiques d’envergure qu’il faudrait faire pour revaloriser réellement les soins de proximité n’ont pas été faits alors que toutes les analyses montrent que l’investissement dans les soins primaires entraîne une économie massive sur les dépenses de santé : les MG sont habitués à faire beaucoup avec peu de moyens, avec des moyens nous saurions faire presque tout !

Nous avons besoin de votre soutien dans ce combat politique noble qui doit permettre aux Médecins Généralistes d’exercer dignement dans des conditions adaptées aux besoins de la population et à tous nos patients, à commencer par les plus humbles, de recevoir des soins de proximité et de qualité.

Rejoignez-nous, construisons l’avenir de notre métier ensemble !

Adhérez à MG Bretagne qui n’a qu’un but : défendre les MG et l’accès aux soins pour TOUS  les malades.

Texte écrit par Alain BERTHIER,Jean Pierre LAGUENS, Yvon Le FLOHIC,Eric MENER,Elisabeth HINGANT

la génération montante met le doigt là où çà fait mal…

18 août 2011 par Jeep Pas de commentaires »

(Ce qui suit est un résumé de la thèse de notre désormais confrère Louis A. Delarue)
Introduction :  Les  Recommandations  pour  la  Pratique  Clinique  émises  par  les
autorités  sanitaires  françaises  jouissent  d’une  certaine  respectabilité  dans  le  monde
scientifique. Mais sont-elles élaborées sous l’influence du lobby pharmaceutique ?
Partie  I :  Les  Recommandations  pour  la  Pratique  Clinique,  ou  guides  de  pratique
clinique,  sont  une  référence  pour  les  soignants,  l’Assurance  Maladie  et  l’expertise
judiciaire. Quatre  guides  de  pratique  clinique  ont  été  soumis  à  l’examen  critique  des
connaissances  médicales.  Ils  traitent  de  médicaments  controversés  (anti-Alzheimer,
glitazones, coxibs) et indiqués pour des maladies fréquentes et graves.
Il  ressort de notre analyse qu’aucun de ces guides n’est conforme aux données de  la
science. Les experts en charge des recommandations occultent des études et mettent
en  avant  des  arguments  peu  dignes  d’un  débat  scientifique  honnête.  In  fine,  ils
privilégient  des  molécules  très  coûteuses,  avec  une  balance  bénéfices-risques
nettement défavorable. L’impartialité de l’expertise pose question.
Partie  II :  Les  scandales  médicamenteux  ont  révélé  l’ampleur  de  l’emprise  des
industriels  du médicament  sur  le monde  de  la  santé.  Un  des  piliers  stratégiques  du
lobbying est de  tisser des  liens avec des experts  leaders d’opinion, véritables cibles et
outils  promotionnels  des  firmes.  Les  autorités  sanitaires  ont  donc  l’obligation  de  se
prémunir des situations de conflits d’intérêts des experts qui y travaillent.
L’examen  des  déclarations  publiques  d’intérêts  des  experts  en  charge  des  quatre
recommandations  étudiées  révèlent  que  transparence  et  indépendance  sont  loin  de
constituer la règle éthique qui doit prévaloir au sein de tout organisme public en charge
de la santé des citoyens.
La  littérature  internationale nous apprend qu’entretenir des  intérêts communs avec  les
firmes biaise  le  jugement  scientifique. Les quatre  recommandations étudiées dans  ce
travail de thèse ne font pas exception à cette règle.
Conclusion :  En  France,  des  recommandations  médicales  sont  clairement  sous
influence. Les  instances dirigeantes de ce pays ont  le devoir d’imposer une  législation
plus dure en matière d’indépendance de l’expertise sanitaire publique.

pour lire cette thèse in extenso:

lire ICI

Mots  clés :  Recommandations  pour  la  Pratique  Clinique,  Autorités  sanitaires,  Lobby
pharmaceutique, Expertise, Conflits d’intérêts, Indépendance