(Ce qui suit est un résumé de la thèse de notre désormais confrère Louis A. Delarue)
Introduction : Les Recommandations pour la Pratique Clinique émises par les
autorités sanitaires françaises jouissent d’une certaine respectabilité dans le monde
scientifique. Mais sont-elles élaborées sous l’influence du lobby pharmaceutique ?
Partie I : Les Recommandations pour la Pratique Clinique, ou guides de pratique
clinique, sont une référence pour les soignants, l’Assurance Maladie et l’expertise
judiciaire. Quatre guides de pratique clinique ont été soumis à l’examen critique des
connaissances médicales. Ils traitent de médicaments controversés (anti-Alzheimer,
glitazones, coxibs) et indiqués pour des maladies fréquentes et graves.
Il ressort de notre analyse qu’aucun de ces guides n’est conforme aux données de la
science. Les experts en charge des recommandations occultent des études et mettent
en avant des arguments peu dignes d’un débat scientifique honnête. In fine, ils
privilégient des molécules très coûteuses, avec une balance bénéfices-risques
nettement défavorable. L’impartialité de l’expertise pose question.
Partie II : Les scandales médicamenteux ont révélé l’ampleur de l’emprise des
industriels du médicament sur le monde de la santé. Un des piliers stratégiques du
lobbying est de tisser des liens avec des experts leaders d’opinion, véritables cibles et
outils promotionnels des firmes. Les autorités sanitaires ont donc l’obligation de se
prémunir des situations de conflits d’intérêts des experts qui y travaillent.
L’examen des déclarations publiques d’intérêts des experts en charge des quatre
recommandations étudiées révèlent que transparence et indépendance sont loin de
constituer la règle éthique qui doit prévaloir au sein de tout organisme public en charge
de la santé des citoyens.
La littérature internationale nous apprend qu’entretenir des intérêts communs avec les
firmes biaise le jugement scientifique. Les quatre recommandations étudiées dans ce
travail de thèse ne font pas exception à cette règle.
Conclusion : En France, des recommandations médicales sont clairement sous
influence. Les instances dirigeantes de ce pays ont le devoir d’imposer une législation
plus dure en matière d’indépendance de l’expertise sanitaire publique.
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Mots clés : Recommandations pour la Pratique Clinique, Autorités sanitaires, Lobby
pharmaceutique, Expertise, Conflits d’intérêts, Indépendance